Terrestres, maritimes et fluviales

  • De nombreux itinéraires en Europe
  • Dès le moyen âge, des routes ponctuées de « péages »
  • Les faux sauniers, contrebandiers du sel

 

Aujourd’hui, la plupart des pays produisent du sel. Et seulement 20% de la production mondiale fait l’objet d’un commerce international…

Ce n’était pas le cas dans l’antiquité ou au moyen âge !

La production était concentrée sur quelques régions et l’or blanc voyage beaucoup. Les routes européennes du sel – terrestres, maritimes et fluviales – étaient des axes de commerce hautement stratégiques. Les caravanes empruntaient ces itinéraires de transhumance, du sud ensoleillé vers le nord. De l’Espagne vers les Pays-Bas pour fournir les flottes de pêche au hareng et à la morue. A l’est, sur le « sentier d’or », monopole des évêques de Passau, qui traverse la République Tchèque. En Italie, la voie piémontais qui relie le Dauphiné et la Provence. En France, la route du sel de la Camargue au Rouergue, des salins de Peccais jusqu’à Millau puis Rodez. Un itinéraire de 270 kilomètres utilisé dans un sens pour acheminer du sel, dans l’autre du bois. Les fleuves jouent aussi un rôle essentiel, plus sûrs que les routes. Sur le Rhône, on transporte les sels du Midi vers le Nord. On y pratique le « tirage du sel » : des embarcations à fond plat contenant jusqu’à 100 tonnes de sel sont tractées par la force humaine et des animaux de trait.

Péages, faux-sauniers et gabelous

Au XIVe siècle, le roi de France, Philippe VI, crée un impôt sur le commerce du sel, la gabelle – un quart du prix marchand – pour financer les dépenses de guerre du royaume. Les caravanes qui alimentent les greniers à sel s’acquittent d’un « péage », l’octroi, à l’entrée des villes. Le Duché de Bretagne en étant exempté, une route parallèle voit le jour, celle de la contrebande. Les faux-sauniers transportent le sel non taxé, dissimulé dans des pains, du beurre et des caisses à double fond. Sur une bande d’une quarantaine de kilomètres aux marches de la Bretagne et des provinces de grande gabelle, des brigades de gabelous assurent des contrôles… La gabelle est supprimée en 1789.

A savoir ! Quelle est l’origine du mot « salaire » ?

Le mot « salaire » vient du latin salarium, qui désigne à l’origine la « ration de sel » donnée aux soldats romains. La définition du mot s’est transformée ensuite en « somme donnée aux soldats pour acheter leur sel ».